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Site pour enfant ou adolescent ayant perdu un parent par suicide

Comment parler de « ça » ?

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Apporter un regard extérieur

Parler de ce que vivent l’enfant et sa famille au moment du décès est indispensable. Parfois, ce n’est pas facile de parler du parent qui s’est suicidé car cela déclenche chez tous les membres de la famille des émotions vives (tristesse, colère, culpabilité, honte…) Parler de ce qui s’est passé ou évoquer la personne décédée peut être difficile de peur de raviver la douleur de l’autre.

Parfois, les enfants ou adolescents mettent en place des fonctionnements pour éviter de parler de « ça ». Mais parler de son père ou de sa mère qui vient de mourir, cela permet d’éviter de garder uniquement pour soi ses émotions, de se renfermer et par exemple de développer des symptômes variés (cauchemars, tristesse, malaise, violence…). Parler permet de partager des ressentis et des émotions avec les autres. Parler permet aussi de faire vivre le souvenir de la personne en évoquant des histoires passées, des anecdotes et pas seulement le moment de la mort et du passage à l’acte. L’enfant ou l’adolescent a besoin de se reconstruire une image valorisée de son parent, sans se bloquer sur les dernières images souvent violentes et incompréhensibles.

Parfois dans certaines familles, il y a un Secret. Le suicide devient tabou, et les membres de la familles ne veulent ou n’arrivent à en parler à personne. Parfois, c’est au sein même de la famille que le sujet est évité, parfois, le mot « suicide » est interdit dans les conversations, par honte ou crainte, comme une superstition. Pourtant, pour un enfant ou un adolescent, un secret est difficile à garder quand il concerne la mort de son père ou de sa mère. C’est pourquoi ils peuvent poser des questions déstabilisantes. Ils peuvent aussi comprendre certaines choses alors qu’on a l’impression de les avoir préservés et de leur avoir cacher pour les protéger. Les enfants entendent tout se qui se passe autour d’eux même s’ils donnent l’impression d’être ailleurs. C’est pourquoi il faut être vigilant à ce qu’ils peuvent exprimer et à ce qu’ils ont compris de ce qui se passe dans la famille. Evidemment, certains détails ne se comprennent que plus tard, en grandissant. Il ne faut pas les brusquer avec des précisions qui pourraient les perturber davantage.

Le rôle d’un professionnel dans ce contexte peut être justement de faire tiers et d’aider le parent endeuillé, l’enfant ou l’adolescent à trouver des mots pour parler de ce qui s’est passé, à employer par exemple le mot « suicide », à essayer d’expliquer le geste.

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